L'abbé Jean-Pierre Schouppe enseigne le droit canon à l'Université pontificale de la Sainte-Croix

Né à Etterbeek en 1955. Docteur en droit canonique de l’Université de Navarre et licencié en droit UCL, l'abbé Jean-Pierre Schouppe est aussi l'auteur d'une thèse sur les droits de l'Homme Prix René Cassin à l'Université Paris 2 Panthéon-Assas; 2014).


Professeur de droit canonique à l’Université pontificale de la Sainte-Croix à Rome, il enseigne les rapports entre l’Eglise et la communauté politique ainsi que les droits de l’homme.


Consulteur au Conseil pontifical pour les textes législatifs. A été Défenseur du Lien au tribunal ecclésiastique de Malines-Bruxelles.


Secrétaire du Groupe des Canonistes francophones ayant son siège à Louvain-la-Neuve, ville où il s’investit également comme aumônier d’étudiants.

ON N'ENTEND QUE TRES RAREMENT PARLER DU DROIT CANON EN BELGIQUE. POURQUOI DES LORS ENSEIGNER ET ETUDIER CETTE MATIERE?


Ce n’est pas parce que l’on n’en parle guère qu’il n’existe pas. Il y a notamment quatre tribunaux ecclésiastiques inter- diocésains en Belgique – deux francophones et deux néerlandophones. Ils siègent régulièrement et traitent princi- palement les causes relevant du droit matrimonial (p.ex.nullité du mariage). Il est vrai que les médias n’invoquent le droit canonique qu’en cas de catastrophe comme la vente d’une église ou des cas de pédophilie.


Par ailleurs, le droit canonique reste l’expression officielle de l’Eglise catholique des valeurs qu’elle a toujours enseignées et sera de plus en plus un pôle juridique de référence pour le droit étatique en quête de repères et en panne de fondements, p. ex. en droit de la famille.

D’autant que le système des droits de l’Homme, appelé à assumer un statut fondateur dans la société contemporaine, se cantonne dans une certaine ambiguïté qui fomente le relativisme et l’individualisme.


OU ENSEIGNE-T-ON LE DROIT CANON?


En Belgique, après la fermeture de la faculté de Louvain-la-Neuve, où le flambeau de la transmission de ce savoir a été repris par le dynamique Groupe de travail de canonistes (outre les quelques cours dispensés à l’UCL dans le cadre de la théologie), il reste la faculté de la K.U.Leuven qui enseigne essentielle- ment en anglais. En France, en plus des enseignements dispensés à Lyon et à Toulouse, il y a une faculté classique à Paris et une faculté strasbourgeoise d’enseignement à distance.


A Rome, il y en a sept. La faculté de la Sainte-Croix, ou j’enseigne, est fréquentée par plus de 200 étudiants provenant de tous horizons. Les cours se donnent en italien mais le latin reste la langue officielle du

code. Comme pour les trois autres facultés de notre Université pontificale, la fidélité

au Magistère de l’Eglise

constitue une caractéristique essentielle de l’enseignement.


QUI PEUT SUIVRE CES COURS? 


Tout un chacun, hommes, femmes, laïcs, séminaristes, prêtres, religieux... pour autant qu’ils disposent d’une formation juridique ou théologique de base. Cette formation peut s’obtenir en suivant un BAC 2 ans, avec certaines possibilités de dispenses en fonction de la formation préalable. Le Master comporte 3 ans d’étude.


QUELLES SONT LES DIFFERENTES MATIERES DU DROIT CANON?


Les matières sont réparties en 7 livres : ils concernent les différentes normes qui régissent les rapports intraecclésiaux, le peuple de Dieu, les tâches de prédication et d’enseignement, les différents sacrements, l’administration des biens temporels, le droit pénal et, enfin, les procès.

Le prêtre belge Philippe Dalleur partage aussi ses activités scientifiques entre Louvain-la-Neuve et Rome où il enseigne à l'Université pontificale de la Sainte-Croix.

Pourriez-vous expliquer l'intérêt de la philosophie dans la formation universitaire?


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